Le coeur cousu de Carole Matinez
Soledad est née dans une famille nombreuse originaire du Sud de l’Espagne. Depuis des générations, les filles de cette lignée reçoivent à leur adolescence de mystérieux dons. Un talent surnaturel qui leur donne parfois mauvaise réputation.
Soledad nous raconte l’histoire de sa famille et notamment celle de sa mère qui sait aussi bien coudre les tissus que soigner les êtres. Tour à tour considérée comme une magicienne ou une sorcière, Frasquita (la mère) n’aura pas une vie facile. Son mari, l’ayant perdue au jeu, elle est condamnée en effet à une vie d’errance, entraînant avec elle ses enfants.
Le cœur cousu fait partie de ces romans qui vous transportent et vous envoûtent. On y retrouve dans cette ambiance à mi-chemin entre le réel et le surnaturel, toute la magie des contes. Le monde y est parfois cruel et toujours rempli de mystère. Cette histoire servie par une très belle écriture, nous emporte vers un ailleurs en suivant les pas de personnages charismatiques. Le récit y est dense, les détails habilement tissés, ce qui rend cette histoire intéressante. Certaines scènes seraient même dignes d’un grand roman du 19ème. En effet, cette petite fille chantant que l’on porte bras levés en triomphe pendant la guerre, ne vous rappelle-t-elle pas un certain Gavroche ?
Ce roman aurait pu être pour moi un véritable coup de cœur car il est d’une qualité littéraire que je trouve rare aujourd’hui néanmoins, je lui reproche une deuxième partie un peu moins palpitante que les autres. Certains passages m’ont semblé très longs et l’intérêt moindre vis-à-vis de cette fresque familiale. Il faudra aussi que je pardonne certaines scènes un peu trop répétitives à mon goût pour vous dire que malgré tout, Le Cœur Cousu, est un bien joli roman et une belle découverte tout de même !